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    Le milieu SPA

    Le milieu de la protection animale et les éducateurs canins

    A la SPA*, il faut distinguer deux profils : ceux qui entrent dans une association de protection dans le but d’aider les animaux et qui par la suite évoluent par exemple vers le métier d’éducateur canin, et ceux qui entrent dans le monde de la protection en se servant de ce biais pour atteindre leur objectif final. La différence est importante car le monde de la protection est à part dans celui de la cynophilie. C’est le lieu principal de la misère animale et il faut vouloir être confronté quotidiennement à cette souffrance ; même si bien évidemment de grandes joies viennent contrebalancer le côté négatif de ce petit monde. Seul un engagement réel garantira la pérennité de votre action dans le milieu de la protection animale car les protecteurs repèrent très facilement un professionnel extérieur qui ne serait intéressé que par la clientèle potentielle que représente les salariés, les bénévoles, et les usagers (adoptants, abandonneurs, ..) de cette filière.

    Travailler dans un refuge : une expérience incomparable

    Les refuges S.P.A accueillent des chiens représentatifs de l’ensemble de la population canine existant en France. C’est pourquoi on y trouve pêle-mêle des molosses et des chiens de compagnies, des lévriers et des bergers, des chiens de chasse et des nordiques, … Dans le même état d’esprit, on y est confronté à des chiots comme à des seniors en passant par tous les autres âges de la vie (adolescence, maturité, …) Et bien sûr, et c’est presque le plus intéressant, on y retrouve la totalité des comportements et problèmes auxquels on sera ensuite confronté en tant qu’éducateur canin. Du chien peureux au chien agressif, du dépressif à l’hyperactif, du malpropre à l’associable, etc.…Enfin, cerise sur le gâteau, la S.P.A. permet de rencontrer le panel complet des différents propriétaires : volontaires, démissionnaires, « je sais tout», « je ne veux rien savoir », …

    Si les responsables du refuge sont ouverts à la pratique de l’éducation canine, la S.P.A. peut être un magnifique terrain d’entraînement pour vous frotter à tout type de chiens présentant tout type de comportements. C’est également l’occasion de connaître plus ou moins bien les différents acteurs du monde animal. Vous aurez parfois des contacts avec des éleveurs (rares et rarement positifs) mais également avec les vétérinaires (qu’ils soient praticiens, membres de la D.S.V - c'est-à-dire détenteurs des règles sanitaires qui s’appliquent dans chaque activité-), le personnel des fourrières (qui accueillent les animaux trouvés avant éventuellement de les confier à des associations de protection).

    En fonction de vos envies et de vos possibilités, votre passage à la S.P.A. vous permettra au pire de connaître leur existence et au mieux d’en faire les partenaires actifs de votre future activité. Eventuellement, des toiletteurs voir de futurs collègues travaillant déjà en partenariat avec le refuge. Parmi les autres humains, vous croiserez sur votre route des personnes souvent pleines de bonnes volonté et parfois efficaces (bénévoles) et d’autres qui semblent être là parce qu’elles n’ont pas d’enfant à s’occuper et qui passent leur temps à vous compliquer la tâche au lieu de vous la simplifier. Actrices incontournables (car presque toujours féminines) du monde animal, vous devrez composer avec elles : sachez utiliser les premières (en attendant de pouvoir leur rendre service à leur tour) et ignorer royalement les secondes (ne gaspillez pas votre énergie, vous en aurez besoin pour des choses plus constructives).

    Etre issu de l’ « école SPA » signifie que vous n’avez pas d’a priori pour travailler avec des chiens quelque soit leur âge. Que des professionnels, éducateurs canins, vétérinaires, en soient encore, au début du XXIIème siècle, à dire qu’un chiot ne peut plus être éduqué après six-huit mois nous semble totalement saugrenu ! Par ailleurs, si vous avez travaillé ou si vous souhaitez le faire avec des chiens de la SPA, vous devrez utiliser des méthodes « positives ». Rien n’étant simple, il n’est pas exclu que certains dirigeants (ou bénévoles) vous refusent le droit de travailler les chiens. Certains pensent qu’en tant qu’éducateur vous ne connaissez que la force pour vous faire écouter du chien, d’autres encore considèrent que toutes demandes faites au chien (même de façon douce) est une contrainte qui ne doit pas être imposée à l’animal. Face à ce genre de personnages mal informés, de mauvaise foi ou encore intransigeants, nous vous conseillons de ne pas insister au-delà d’une ou deux tentatives, vous perdriez une nouvelle fois, du temps, de l’énergie qui vous seront bien plus utiles ailleurs.

    Sachez que vous ne serez pas le premier ou la première à solliciter la société locale de protection afin de les aider à éduquer leur protégé. Les associations sont littéralement bombardées de demandes de professionnels qui espèrent ainsi gagner la poule aux œufs d’or. Deux freins viennent tempérer cette soi-disant bonne idée. Le premier est que les associations finissent par travailler avec un, deux et parfois trois professionnels. Présenter une liste de dix éducateurs n’a aucun intérêt pour elle. Second point, certainement le plus important, les clientèles de refuge ne sont pas forcément les « meilleurs ». Pourquoi ? Parce que d’un côté les adoptants ne sont pas venus chercher à la SPA un chien à problème et donc ne sont pas forcément prêts à s’investir dans une éducation qui sera peut être longue et coûteuse. De leur côté les « abandonneurs » ont le plus souvent pris leur décision et ne sont pas sensibles à l’aide proposée par un éducateur canin professionnel. Pire, chaque solution que vous apporterez amènera un nouveau problème chez le chien. Par ex : j’abandonne mon chien parce qu’il n’est pas propre. Réponse : vous savez que s’il ne s’agit pas d’un problème de santé, vous pouvez améliorer voir régler ce souci. « Ah, mais il aboit aussi ». Là encore, des solutions existent. « Oui mais il a grogné sur les enfants … » Le bureau des abandons est de ce côté, mesdames et messieurs…

    Pour finir, sachez qu’il est de bon ton dans le monde de la protection de se plaindre de moyens insuffisants. C’est parfois vrai pour certaines petites associations, ça l’est moins pour les plus grandes connues au niveau national. Conclusion, faire un geste commercial nous semble être une bonne chose et va dans le sens éthique d’un travail de protection. En revanche la gratuité totale est un non sens pour qui se dit professionnel. Si on prend le problème à l’inverse, une association de protection qui n’a pas les moyens de ses actions devraient faire autre chose. En la matière, les bons sentiments ne suffisent pas.

    * La plupart du temps le grand public ne sait pas qu’il existe une multitude d’associations qui ont pour but de protéger les animaux : la société protectrice des animaux de Paris et les différentes fondations focalisent beaucoup d’attention et la grande partie des dons. Elles ne laissent que des miettes aux centaines d’autres organisations et refuges quadrillant notre territoire. Pour donner un ordre de grandeur : la SPA dite de Paris gère environ une soixantaine de refuges et une douzaine de dispensaires très actifs au quotidien. Ce sont plus de soixante dix milles animaux toutes espèces confondues qui annuellement bénéficient de ses prestations. La confédération des SPA dite de Lyon fédère pas loin de deux cent refuges répartis dans tout l’hexagone. Ces refuges tous indépendants se regroupent sous cette bannière uniquement dans un but de communication (chacun conserve son indépendance en ce qui concerne la gestion et la comptabilité et la protection en général. Ce chiffre de deux cent cinquante refuges de la SPA de Paris et de Lyon peut être aisément doublé si on prend en compte les refuges indépendants et toutes les associations n’ayant pas directement de structure d’accueil style chenil mais simplement « de familles d’accueil ». Ce sont donc plus de cinq cents sociétés ou associations qui gèrent tant bien que mal la misère animale en France. Avec plus de cinq cent salariés, la SPA parisienne est de loin le premier employeur dans cette branche mais de nombreuses autres associations proposent régulièrement des emplois dans leur structure.